Mainline, de Deborah (Teramis) Christian

Publié le par tauceti

       
       Mainline est un roman de 540 pages écrit par Deborah Christian. Il a été publié par J’ai Lu en 2000. Sa traduction française a été assurée par Marie-Catherine Caillava, et l’illustration a été réalisée par Bruce Jensen (et non Bruce Jenson comme indiqué par erreur sur la couverture). C’est le premier roman de l’autrice.

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       Le Livre proprement dit (aucun spoil)
       Reva est une tueuse à gages partageant son temps entre Selmun III et le monde semi-aquatique de Lyndir. Elle est embauchée pour supprimer un conseiller en vue. Sa mission réussit à la perfection. Mais l’attentat a laissé un rescapé : Yavobo, le fier Aztrakhani. Il a juré de venger son honneur de garde du corps bafoué, pour répondre au Serment du sang, une tradition ancestrale de son peuple. Arrive alors un homme du gouvernement, un agent de la Sécurité intérieure, qui est à la recherche de Reva, ou tout du moins de cette personne qui règle ses comptes sans jamais se faire pincer. Pour essayer de la comprendre et mieux la traquer, il entre dans sa vie et l’accompagne dans nombre de ses péripéties. Dans le même temps, Reva se lie d’amitié avec une contrebandière qui, entre autres magouilles, importe frauduleusement des « produits » très dangereux pour la sécurité de la planète. De plus, elle a la fâcheuse tendance d’escroquer des personnages haut placés, et finit bien souvent par s’en faire des ennemi.es redoutables. Tout cela crée un gigantesque enchevêtrement d’intrigues aux multiples facettes, intimement imbriquées les unes dans les autres.

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       J’ai adoré ce bouquin, mélange de SF classique, sobre et efficace, avec quelques superbes passages cyberpunks. Une histoire impeccablement construite qui vous tient en haleine de bout en bout. À la moitié du livre, alors que vous ne vous étiez déjà pas vraiment ennuyé.e au départ, l’autrice donne un grand coup d’accélérateur. Vous avez la sensation presque physique que l’écrivaine vous attrape la main, qu’elle se met à courir à toute vitesse en vous criant par-dessus l’épaule : « Viens avec moi, j’ai des trucs incroyables à te montrer ! » À partir de là, vous n’avez plus qu’à vous laisser transporter. La pression monte de plus en plus, vous suivez des aventures plus sensationnelles les unes que les autres, pour finalement arriver à un dénouement tout à fait épique, aussi spectaculaire qu’époustouflant. 
       Mainline est un roman foisonnant, vivant, impétueux, plein de hardiesse. Il nous présente une profusion d’intrigues et de personnages, dont certains n’hésitent pas à surfer sur les lignes temporelles pour arriver à leurs fins. C’est un imbroglio cosmico-financier de trafiquant.es essayant de se piéger les un.es les autres, tout en blanchissant des sommes d’argent tellement considérables qu’elles suffiraient à elles seules à faire tourner un monde entier. Un roman hors du commun, original et inventif, qui se démarque par son rythme trépidant et les qualités irréprochables de sa construction et de sa narration. Je vous le recommande vivement.

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       Court extrait
       « Devin prit ses repères finaux pour la navigation astrale dans le plan formé par le système planétaire de Selmun, puis entama les calculs nécessaires au trajet en espace fléchi.
       La sensation qu’il en retira, filtrant par les liens cybernétiques qui le reliaient au calculateur de trajectoires, n’avait rien à voir avec ce qu’on apprenait au sujet des techniques permettant de jouer sur la courbure du continuum. Selon le sens commun, un vaisseau génère une bulle d’espace fléchi, et y reste confortablement encapsulé, pendant que l’espace proprement dit glisse le long du fuselage.
       C'était là une simplification exagérée, il le savait. En état de distorsion, vous vous trouviez littéralement dans une autre dimension, tombant dans les interstices séparant la réalité physique du multivers qui liait le tout. L’espace fléchi avait une réalité et une substance qui lui étaient propres, même si c’était un concept bizarre et rebelle à la représentation mentale, difficile à percevoir ou à comprendre. Cela pouvait mener à la folie une personne qui y aurait été trop longtemps exposée sans préparation adéquate. Pour traverser la distorsion en toute sécurité, il fallait manifester beaucoup de sagesse dans la navigation, et compter sur un peu de chance. »

Deborah Teramis Christian, par elle-même. Avec l'aimable autorisation de l'autrice. © Deborah Teramis Christian


       La notice de l’autrice
       Deborah Christian, qui signe désormais plus volontiers sous le nom de Deborah Teramis Christian, est une autrice américaine résidant en Californie, où elle a étudié la sociologie. La quatrième de couverture de Mainline nous apprend qu'elle a été employée par l'armée américaine, et qu'elle a travaillé quelques années sur les systèmes d'information de la Nasa. Elle a écrit plusieurs romans de SF et surtout de fantasy. Deborah Teramis Christian a également participé, parfois sous le pseudonyme de Terry Randall, à des suppléments pour jeux de rôle, notamment dans les univers fameux de Robotech, Donjons et Dragons ou Star Wars. À noter que Mainline a été suivi par un autre roman dans la même série : Splintegrate, qu’on aimerait bien pouvoir lire en français !

       Pour une fois, je ne vous souhaite pas bonne lecture : je suis sûre que vous allez adorer ce roman !

Coup de cœur

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