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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 11:14

 

San Juan Ravensburger

 

En 2002 sortait Puerto Rico, d’Andreas Seyfarth, un jeu de gestion reconnu et récompensé dans le monde entier. L’auteur, non content de cette réussite, décide deux ans plus tard d’en publier une version « allégée », accessible à un public beaucoup plus large : San Juan. Dans certains pays, San Juan s’appelle d'ailleurs « Puerto Rico - Le Jeu de cartes ».

 

San Juan Puerto Rico image de Ender Wiggins sur BGG

San Juan et Puerto Rico, image de Ender Wiggins sur BGG

 

Contrairement à Puerto Rico, San Juan se joue avec des cartes que l’on pioche. Le jeu réserve donc une part non négligeable d’aléa. Cela signifie que les joueurs doivent constamment appréhender, réviser leur façon de jouer pour s’adapter du mieux possible aux tirages des cartes, qu’ils soient favorables ou non.


Le but du jeu est de marquer le plus de points de victoire en « construisant des cartes ». Pour construire une carte, on la pose devant soi en payant la somme inscrite en haut. Le nombre de points de victoire qu’elle rapportera en fin de partie est indiqué en bas.

 

San Juan Cartes violettes photo Antony Hemme sur BGG


Les cartes sont de deux types. Les violettes représentent des bâtiments. Ils apportent un bonus en fin de jeu ou ont un pouvoir qu’on pourra utiliser tout au long de la partie (par exemple la carrière permet de payer les bâtiments violets moins cher, le marché permet de vendre deux marchandises, etc.). Les cartes de couleur représentent des productions. On les active pour en récolter les fruits à un prochain tour. Cela se fait donc en deux temps.

 

San Juan Productions



Certaines cartes sont plus intéressantes que d’autres. Mais celles qui ne valent rien restent tout de même extrêmement importantes : elles servent de monnaie ! On paie en effet avec les cartes que l’on a en main. Chaque carte vaut un sou. Si vous voulez construire un bâtiment qui coûte quatre sous, vous devez défausser quatre cartes de votre main.



San Juan Partie en cours photo de Brett Christensen sur BGG

Une partie en cours, photo de Brett Christensen sur BGG

 

Une autre particularité de San Juan est que les joueurs jouent un rôle différent à chaque tour. Il leur permet de construire un bâtiment, piocher une carte unique sans la choisir ou une carte à choisir parmi plusieurs, activer des productions, vendre les récoltes. Dans la plupart des cas, tous les joueurs jouent ce rôle, mais celui qui le choisit bénéficie d’un avantage supplémentaire.


Dès qu’un joueur pose sa douzième carte, on finit le tour en cours et la partie prend fin. Chacun compte alors ses points, en additionnant les éventuels bonus, pour déterminer qui est le vainqueur.


San Juan cartes Photo de Tony Bosca sur BGG Photo de Tony Bosca sur BGG
 

 

Malgré le foisonnement de sa règle, San Juan est un jeu simple qui ne demande que quelques parties d’apprentissage. Prévu pour deux à quatre joueurs, il a une durée d’une vingtaine de minutes. Il peut être pratiqué par un public large, à partir dix ans. Même après plusieurs milliers de parties, on y rejoue avec plaisir tant les sensations apportées par le jeu sont à chaque fois renouvelées. D’ailleurs, c’est simple, San Juan, c’est tellement bien, que le célèbre compositeur Daniel Lanois en chantait les louanges déjà un an avant sa sortie !

 

 

 

 

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C’est chouette, la vie de joueuse !


 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 10:26

 

 

  Games Seeds le jeu pour créer un jeu Christophe Berg boît


Games Seeds est un petit jeu de cartes étonnant. Il a été créé en 2010 par Christophe Berg et ses étudiants de la section « Games and Interaction » de l’Utrecht School of the Arts. C’est une création ludique, sur la création ludique, élaborée par et pour des créateurs ludiques. En quelque sorte un « metagame », selon un terme cher à l’auteur.


Games Seeds le jeu pour créer un jeu Christophe Berg jeu
On peut jouer à Game Seeds à deux ou, mieux, à deux groupes de six personnes maximum. Le but est, à l’aide de cartes, de créer un héros, son acolyte et un jeu. Une partie se déroule en trois étapes, à l’aide de deux paquets de six (sur trente-huit) cartes chacun. Elle débute par un « partage préparatoire (card-draft) ».

 

Games-Seeds-le-jeu-pour-creer-un-jeu-Christophe-Berg-Icone.jpg

Les icônes de profil qu'on retrouve en haut de chaque carte : Espèces (créature, robot, humain) ; Genre (féminin, masculin, androgyne) ; Époque (passé, présent, futur) ; Mode de vie (sédentaire, nomade, taille/poids).

 

 

Lors de la première phase, on crée collectivement un héros. Pour cela, il faut respecter les contraintes signalées sur les cartes. Par exemple, si plusieurs d’entre elles indiquent « Robot », « Passé » et « Nomade », ces notions devront impérativement être utilisées. En cas d’égalité, on choisit ce qu’on veut. Bien entendu, on ne se contente pas de décrire les cartes, il faut développer le caractère du héros, le détailler. À la fin de la première phase, on échange son personnage avec celui de l’autre équipe.

 

Games Seeds le jeu pour créer un jeu Christophe Berg Descr

Description de carte
• En haut : icône de profil
• Au milieu : verbe d'action décrivant ce que fait le héros
• En bas : attributs (force, santé, dextérité, intelligence, sagesse, charisme)

 

 

Dans la phase 2, il va s’agir de créer l’acolyte du héros. Contrairement à la phase 1, c’est un travail non plus en coopération, mais en individuel. Chaque candidat explique pourquoi et comment son acolyte fonctionne avec le héros, et le groupe vote pour choisir le meilleur tandem.

 

Game Seeds Cartes Capturer Défendre Guider

Exemples de cartes : Capturer, Défendre, Guider

 

Lors de la phase 3, les deux heureux élus de la phase précédente doivent créer un jeu mettant en scène le héros et son acolyte. Pour cela, ils s’appuient sur une carte précisant, à l’aide d’un verbe d’action, le concept de base du jeu (« Défendre », « Guider », « Explorer », etc.). Tout doit être présent : le titre du jeu, le nombre de joueurs, le support, le genre (aventure, action...), etc. Les autres membres du groupe forment le jury et votent pour élire, parmi les deux jeux/personnages, celui qui remportera l’épreuve.

 

Game Seeds Cartes Espionner Ensorceler ChasserExemples de cartes : Espionner, Ensorceler, Chasser


On le voit tout de suite, Game Seeds n’est pas un jeu « grand public » (du reste, il est en anglais). Il a été créé pour sortir les étudiants de game design de leur routine, en leur imposant de travailler avec des éléments donnés, et ainsi encourager leur créativité. Christophe Berg a aussi fait le pari qu’on pouvait créer avec pour point de départ non pas une action, c’est-à-dire des actions imposés aux joueurs, mais des personnages, avec leur histoire respective, leur comportement, leurs spécificités physiques, leur caractère, etc. Cela a même donné le sous-titre de Game Seeds : « Du personnage à la création de jeu ».



Games Seeds le jeu pour créer un jeu Christophe Berg  

Dans Game Seeds, on parle plus de jeu vidéo, de jeu à réalité alternée (ARG), de jeu en ligne. Mais le concept est très large, et rien ne l’empêche de s’appliquer jeux classiques (JdR, JdS, narratif, etc.). On pourrait même l’utiliser pour les jeux abstraits, qui sont censés ne pas raconter d’histoire, mais qui modélisent pourtant toujours une narration. À vrai dire, il ne semble pas réellement y avoir de limite.

 

Game SeedsCartes Construire Naviguer TrahirExemples de cartes : Construire, Naviguer, Trahir
 

 

Pour permettre cette ouverture très large à tous les horizons, il a bien sûr fallu adapter l’iconographie. C’est ce qu’a parfaitement réussi Liselore Goedhart. Elle s’est appuyée sur des modèles géométriques très simples, à base de Pixel art, tout en évitant au maximum de faire référence au monde extérieur. Pour mettre un peu d’âme dans ce décor tout en symboles et en icônes, il a été décidé de lui adjoindre de petits « esprits » (les « Graines de jeu/Game Seeds »), des formes « vivantes » pouvant s’adapter à tout type de situation. Le monde de Game Seeds était né : un univers sobre et néanmoins ludique, pour permettre à l’imagination et à la créativité de tout joueur/créateur de s’épanouir sans limite.

Games Seeds le jeu pour créer un jeu Christophe Berg 2
Plus qu’un simple outil, Game Seeds est une mise en abyme ludique, une véritable curiosité qui mérite qu’on s’y intéresse.
Parce que c’est aussi très chouette de découvrir de temps en temps des jeux qui sortent de l'ordinaire !


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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 15:34

 

 

Troc-livres de Joigny Yonne (2)

 

Il y a quelques années, la ville de Joigny a tenté de célébrer la fête mondiale du jeu avec tambours et trompettes, et une campagne de communication aussi maladroite que tapageuse (voir ici). Heureusement, elle est revenue à la raison, et a fini par revoir ses prétentions à la baisse. La fête est désormais circonscrite à l'emplacement du marché couvert, choix tout à fait judicieux étant donné les caprices de la météo, et elle est majoritairement destinée au jeune public. À en juger par les cris de joie poussés par les enfants, la nouvelle formule plaît énormément !

En marge de cette manifestation, se déroule un événement plus destiné aux adolescents et adultes : « Le Troc-livres de Joigny ». Le principe est on-ne-peut plus simple. Vous venez avec les livres dont vous souhaitez vous débarrasser, vous les disposez sur les tables prévues à cet effet, vous prenez les livres qui vous plaisent et... vous repartez avec le sourire !

Aucun échange d'argent n'est prévu. Vous pouvez venir avec dix livres et repartir les mains dans les poches, ou n'en apporter aucun et repartir avec dix ouvrages. Personne ne vous demandera de justifier quoi que ce soit, et c'est ça qui est bien.

Cette année, l'événement a beaucoup enthousiasmé les gens. À tel point que les bibliothécaires qui s'en occupent ont dû faire venir des tables de toute urgence, pour pouvoir exposer tout ce que les gens apportaient !

 

Troc-livres de Joigny Yonne (1)

 

Je suis venue au Troc-livres de Joigny pour la première fois en 2013. Comme j'avais seulement prévu d'y jeter un coup d'œil, par curiosité, je n'ai apporté qu'une quinzaine de volumes. Et, me laissant séduire par tout ce que je voyais, je suis repartie avec dix-neuf ouvrages ! Pas de science-fiction, certes, mais des polars, et de très beaux récits d'aventures en tout genre. Il y en avait pour tous les goûts, des livres neufs, des vieux, des poches, des brochés, des livres de classe, des guides pratiques, des romans, des nouvelles, de la poésie. En français, en anglais, en chinois, en russe ! C'est décidé, l'an prochain, je sors tous les livres prévus pour le vide-greniers et je les dédie au Troc-livres de Joigny. À quoi bon vendre un livre trois francs six sous, alors qu'on peut tout simplement faire des heureux en le donnant ?


C'est tellement chouette, et tellement rare, de pouvoir prendre et donner, par pure générosité, sans avoir aucun compte à rendre à personne !

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 15:42

 

Clavier-Alt-Code-en-francais-majuscules-accentuees.jpg

 

 

 

 

 

Pour obtenir ces lettres ou ces signes, appuyez sur la touche Alt de votre clavier (juste à gauche de la barre d'espace) et en même temps sur les chiffres indiqués à droite.

 

Ç 128
« 174
16



» 175
17
À 183
© 184
30
 182
@ 64
31
É 144
® 169
26
È 212



27
Ê 210
ø133
29



× 158
7
œ ø156
± 241
254
Œ ø140
÷ 246


æ 145



1



½ 171
3
Î 215
¼ 172
4
Ï 216
¾ 243
5
Ù 235



6



¹ 251
13
Esp ins. ø160
² 253
14
ø 155
³ 252
15

 


C'est chouette de pouvoir écrire ce qu'on veut, comme on veut !

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 10:37

 

Jeu solo rend-il sourd ivy blog

 

Retrouvez l'intégralité de cet article sur :
http://chouette-la-vie.blogspot.fr/2016/05/le-jeu-solo-rend-il-sourd.html

 

À tout de suite ! ;)

 

 

 

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Publié par ivy - dans C'est chouette la vie de joueuse !
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:19

 

12 heures du jeu Cocktail Ludik Champs sur Marne

 

Quand on approche de la capitale, on rencontre soudainement un nombre effarant de voitures et plein d'immeubles dans tous les sens. C'est impressionnant.


12 heures de jeux Champs sur Marne

 

Si l'on cherche un tout petit peu, on rencontre aussi beaucoup de gens très sympa et des tonnes de jeux ! Aux « 12 Heures du jeu » organisées pour la troisième fois consécutive par la dynamique association Cocktail Ludik, à Champs-sur-Marne (77).

 

12 heures de jeux Cocktail Ludik Champs sur Marne (2)

Malgré cette belle journée de dimanche ensoleillée, la salle se remplit vite.

12 heures de jeux Cocktail Ludik Champs sur Marne (10)

Le public est composé de familles, de jeunes, de joueurs intermédiaires et bien sûr de gamers confirmés. Les très nombreuses boîtes de jeux sont intelligemment réparties en trois pôles : « Jeux d'ambiance », « Découverte » et « Experts ». Il y en a donc pour tous les goûts, et les gentils animateurs de Cocktail Ludik sont toujours présents pour vous expliquer toutes les règles.

12 heures de jeux Cocktail Ludik Champs sur Marne jeux

 

On trouve aussi bien les dernières nouveautés à la mode que les jeux qui ont fait leur preuve depuis des années.

12 heures de jeux Champs sur Marne pak en pleine narrationPak en pleine narration (Brunan)


12 heures de jeux Cocktail Ludik Champs sur Marne (1)

J'ai joué à une quinzaine de jeux. Mon tiercé gagnant, sans ordre particulier : Gentlemen Cambrioleurs, Color Pop (superbe réalisation !) et surtout l'Île interdite.

Pour suivre toute l'actualité du club, et ne rater aucune des prochaines éditions des "12 Heures du jeu", rendez-vous sur le site de Cocktail Ludik.



C'est chouette, la vie de joueuse, hips !

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 14:00

  Genial Reiner Knizia Viktoriapark

 

Genial est un très bon jeu du très célèbre auteur allemand : Reiner Knizia. Il a été publié en 2004 et a été repris et traduit chez plus d'une vingtaine d'éditeurs à travers le monde. Genial a aussi connu par la suite toutes les déclinaisons des grands succès ludiques, des versions junior et téléphone portable au jeu de voyage, de dés, de cartes etc., jusqu’à des créations qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’original.

 

picisto-20130222132224-940883

Le principe de base est très simple : les joueurs disposent de dominos hexagonaux représentant six couleurs, qu’ils placent sur une grille commune. Dès qu’une couleur en touche une identique, on marque des points. Par exemple si je pose une pièce rouge à la suite d’une ligne de cinq rouges, je marque 5 points en rouge. Lorsqu’un joueur atteint 18 points dans une couleur, il rejoue. À la fin de chaque tour, on pioche un nouveau domino pour toujours en avoir six sur son chevalet. Lorsqu’il n’y a plus aucune possibilité de jouer sur la grille, la partie prend fin.

 

Genial Reiner Knizia et Viktoriapark Piste de Score

La façon de déterminer le vainqueur est surprenante, sauf pour les habitués connaissant déjà l’auteur. On ne considère pas celui qui a le plus de points, mais celui qui a le plus de points dans sa couleur la plus faible. Par exemple, la couleur la plus faible de Jacques est le jaune, où il a trois points. La couleur la plus faible de Sandrine est le bleu, où elle a 7 points. 7 est supérieur à 3, donc Sandrine gagne.

 

Genial Viktoriapark et Reiner Knizia partie en cours


Genial est un jeu hyper accessible tant son principe de domino est universel, et très facile à trouver tant sa diffusion a été large. Il permet de jouer de façon classique de deux à quatre personnes, mais aussi en solo ou à quatre par équipes de deux. Dans ce cas, on a la possibilité de rejouer deux fois : lorsqu’on atteint 18 et 36 points dans une couleur. Bien entendu, on ne communique pas avec son partenaire. Genial bénéficie d’un matériel très bien pensé avec des tuiles joliment colorées adaptées à tous les daltonismes. Chaque couleur est en effet symbolisée par un dessin (soleil pour le jaune, cercle vide pour le violet, cercle plein pour le vert, étoile à six branches pour le bleu, etc.). La relative importance de l’aire de jeu, qui augmente avec le nombre de joueurs, et la pioche des tuiles permet des parties toujours renouvelées, mais surtout pleines de rebondissements. La victoire ne sera jamais acquise avant la fin du jeu. Comme il suffit parfois de ne grapiller que quelques malheureux points pour gagner, même le joueur le plus en avance devra se méfier de ses adversaires jusqu’à la toute dernière minute.

 

Genial Reiner Knizia et Viktoriapark vue rapprochée

 

Genial est tellement bien que les plus grands artistes internationaux ont commencé à en chanter les louanges dès 1998, soit six ans déjà avant sa publication :
 

 

 

 

Genial, c’est super chouette, c’est wunderbar, alles klar !

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 13:38

 

Focus-Sid-Sackson-copie-1.jpg

Une magnifique image de GameGuyThinks

 

En 1963, l’américain Sid Sackson faisait paraître Focus. Connu sous divers noms (Domination, Dominio), et publié par une dizaine d’éditeurs différents, Focus a reçu le prestigieux prix du jeu de l’année allemand (Spiel des Jahres) en 1981. En 2013, ce jeu époustouflant fête ses cinquante ans. Focus se joue à deux ou à quatre, en équipe. Le but est d’empêcher tout mouvement adverse.

Comme régulièrement chez Sid Sackson, le placement de départ est plutôt inhabituel. Départ à deux joueurs (les deux images ci-dessous sont issues de la règle traduite et mise en ligne par François Haffner, JeuxSoc.fr) :


Focus Sid Sackson Nneka John Reuben Position de départ à 

 

Départ à quatre :

Focus Sid Sackson Nneka John Reuben Départ 4 joueurs

 

 

À tour de rôle, les joueurs déplacent leurs pièces de façon orthogonale, et les empilent. Une pièce se déplace d’une seule case, deux pièces de deux cases, trois pièces de trois cases etc. On peut empiler ses pièces sur celles de l’adversaire : la tour appartient à celui dont la couleur coiffe le sommet. Il est possible de couper une tour pour n’en transporter qu’une partie. On se déplace alors du nombre de pions transporté.
Les tours ne peuvent jamais dépasser cinq pièces de haut. Lorsque cela se produit, on enlève toutes les pièces excédentaires au bas de la pile. Se présentent alors deux possibilités : la pièce appartient à votre adversaire, elle est définitivement écartée. Elle vous appartient, vous la remettez dans votre réserve. À votre tour, vous pourrez la remettre en jeu, où vous le désirez, y compris, bien sûr, sur la couleur adverse. Lorsqu’un joueur ne possède plus de pièce apparente, ni aucun pion en réserve, il a perdu et son adversaire est déclaré vainqueur.

 Focus Sid Sackson Nneka John Reuben boîte

 

Focus n’est certainement pas le premier jeu d’empilement : les Dames, par exemple, le précèdent de quelques millénaires ! Il a cependant ouvert la voie à de nombreux jeux modernes tels que Dvonn de Kris Burm en 2001 ou, un peu plus tôt, le Gounki de Christophe Malavasi en 1997 ou encore le célèbre Avalam Bitaka de Philippe Deweys dès 1995. Les règles sont très simples et abordables par tous. Contrairement à la plupart des jeux, il n’y a aucune phase d’approche : les pièces amies et ennemies se trouvent directement en contact. Cela vous permet une attaque instantanée, mais bien entendu il faut s’attendre à une riposte éclair de l’autre joueur. S’il est facile de recouvrir les pièces hostiles, il faut bien se dire que tant que l’adversaire possède un ou des pions dans sa réserve, il n’a pas dit son dernier mot et reste excessivement dangereux. De fait, il n'est pas rare que de puissants coups de théâtre agrémentent vos parties. 

 

Domination Focus Sid Sackson John Reuben Nneka

 

Focus est un jeu adulé par un nombre incalculable d’artistes à travers le monde. Des dizaines de morceaux en chantent les louanges, de la version « mother fucker » à l’interprétation un peu plus chevelue (certains musiciens ont très vite saisi l’aspect « combatif » du jeu). Il semblerait même que Jean-Sébastien Bach ait proclamé son adoration de Focus dans sa « Toccata et Focus en ré mineur BWV 565 », trois siècles déjà avant la sortie du jeu. Je n’ai malheureusement pas réussi à mettre la main sur un enregistrement d’époque. En attendant d’en trouver un, je vous propose, une fois n’est pas coutume, deux chansons. À jeu exceptionnel, choix de musique exceptionnel !
La première nous est offerte par l’américain John Reuben. Elle date de 2007. Ses paroles traduisent parfaitement le ressenti que procure le jeu, à croire que l’interprète en a joué de très nombreuses parties : 
 

 

 

Le second morceau nous est brillamment servi par la chanteuse germano-nigériane Nneka dès 2008. Cette version, bien qu’un peu plus politique, n’en reste pas moins un hommage vibrant au jeu de Sid Sackson : 

 

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 10:39

 

Mamma Mia Uwe Rosenbert et les Négresses Vertes blog ivy

 

Mamma Mia est une création tout à fait savoureuse de l’Allemand Uwe Rosenberg. Le but du jeu est simple : marquer le plus de points possible en honorant des commandes de pizzas. Pour ce faire, les joueurs empilent en un seul tas commun des ingrédients et des commandes, faces visibles. Une fois la pioche vide, on retourne le paquet central, et on trie les cartes par ingrédient. Lorsqu'une commande apparaît, on vérifie si tous les ingrédients qui la composent sont présents sur la table. Le cas échéant, le joueur à qui appartient la commande peut ajouter des cartes de sa main pour compléter la pizza. Si la commande est satisfaite, la carte rapporte un point et tous les ingrédients utilisés sont écartés. On continue ainsi jusqu'à ce que tout le paquet de cartes ait été trié. Une partie dure trois manches, soit une petite trentaine de minutes.
 

Mamma Mia Ingrédients pizza
Mamma Mia propose un mécanisme très original, qui peut décontenancer de prime abord. Il ne présente cependant aucune difficulté, et on comprend très vite la marche du jeu. Pour gagner à Mamma Mia, il faut toujours veiller à avoir assez de cartes Commande en main, mais à ne pas les jouer trop rapidement. Il faut en même temps garder suffisamment d'ingrédients pour la fin de manche, afin de compléter une pizza en cours d'élaboration. Mamma Mia ayant pour thème la nourriture et la cuisine, il n'est pas étonnant que ce soit un jeu de dosage !

 

Mamma Mia choix pizzas
Mamma Mia régale tous les publics depuis une quinzaine d'années, à tel point que le célèbre groupe suédois Abba en a chanté les louanges dès 1975. Cela a même donné naissance à un film en 2008, avec la grande actrice américaine Meryl Streep. Mais on retiendra surtout la version du groupe français emblématique de la fin des années 80 : Les Négresses Vertes avec « Hou Mamma Mia » :

 

 

 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 12:05

  Boîte Manhattan


Manhattan est un jeu de majorité spectaculaire. Il a été créé par l’allemand Andreas Seyfarth, que l’on connaît également pour d’autres monuments ludiques tels que Puerto Rico, San Juan ou encore Thurn und Taxis. L’année de sa sortie, en 1994, Manhattan est récompensé par le prestigieux Spiel des Jahres, prix qui fait référence dans le monde entier.


 

Trois cartes du jeu Manhattan Andreas Seyfarth Trois cartes servant à désigner des emplacements

 


Les règles du jeu sont simplissimes. On dispose de cartes indiquant des emplacements sur le tablier, et de tronçons d’immeuble que l’on choisit en début de manche. À chaque tour, on place une pièce sur le tablier, où l’on veut, pour peu qu’on ait la carte correspondante. On a le droit de se placer par-dessus la pièce d’un adversaire, en posant au moins autant de tronçons que lui — c’est d’ailleurs la seule contrainte du jeu. Par exemple si, à un endroit, Andreas a posé quatre morceaux d’immeuble, vous devez obligatoirement poser une pièce de quatre tronçons. S’il en a posé cinq, et que vous n’êtes pas encore présent à cet emplacement, vous ne pourrez jamais le rattraper : les pièces de cinq tronçons n’existent pas. À la fin de la manche, quand tout le monde a placé les pièces de sa réserve, on fait un décompte des points. Pour voir à qui appartient un immeuble, on regarde son sommet : si la pièce supérieure est rouge, par exemple, l’immeuble entier, quelles que soient les couleurs qui le composent, est considéré comme un immeuble rouge. On marque un point par présence dans un quartier, deux points si on a la majorité dans un quartier, et enfin trois points pour le gratte-ciel le plus haut sur la totalité du plan de jeu. On additionne les points de chaque manche pour déterminer qui est le meilleur architecte.

 

Manhattan Andreas Seyfarth (10)

 

Manhattan cumule plusieurs avantages : il est déconcertant de simplicité, il permet des parties très attractives visuellement, il est accessible et intéressant quel que soit le public (familles ou joueurs aguerris), c’est un jeu très riche qui offre de multiples rebondissements.

 

Red Skyscrapers Dušan Mravec Red Skyscrapers © Dušan Mravec

 

 

D’ailleurs c’est bien simple, Manhattan, c’est tellement bien que depuis 1925, de nombreux artistes en chantent les louanges. Ici, une version d’Ella Fitzgerald datant de 1956 :

 

 


 

 

 

 

Dans la série Ludique en musique, vous aimerez aussi :

- Take it easy, une ode au hasard
- Luxor, j’adore
- Tekao

 

 

C'est chouette, la vie de joueuse !

  

 

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