La Fille sans ombre, de Karen Haber

Publié le par tauceti

       

       La Fille sans ombre (Woman Without a Shadow en anglais) est un roman de 320 pages écrit par Karen Haber. Il est paru aux éditions J’ai Lu SF en 1996. La traduction a été réalisée par Bernadette Emerich, et l’illustration de couverture par Jean-Jacques Chaubin.
 
       L’histoire proprement dite

       Suite au décès de ses parents, Kayla se trouve aux prises avec des personnages très influents de Styx, sa planète natale. Pour échapper à la police, elle doit s'embarquer comme pilote à bord d'un vaisseau de contrebandiers peu recommandables, le Falstaff. L’équipage navigue de planète en planète, où Kayla espère ne jamais recroiser ceux qui ont fait du tort à sa famille et à tout le peuple de Styx.
 
       Racolage

       Comme d’habitude, la couverture de l’édition française, et la quatrième de couverture, sont exagérément racoleuses. L’illustration nous montre une femme dont la poitrine est partiellement dénudée. C'est un costume épatant pour sortir en boîte de nuit, certes, mais il s’avère du plus grand ridicule pour piloter un vaisseau spatial dans la noirceur, et parmi les dangers de l’espace. Surtout qu’il expose une des parties les plus sensibles et les plus vitales du corps humain : le cœur. La quatrième de couverture, quant à elle, nous parle de "cristaux très prisés (...) pour les prouesses intellectuelles et sexuelles qu'ils permettent”. Mais c’est à peine si c'est évoqué dans le livre. Kayla est une jeune femme tout juste sortie de l’adolescence. Elle n’a pas encore l’air très à l’aise dans son corps, d’autant qu’elle est en train de traverser un deuil très éprouvant. Alors pourquoi la représenter de la sorte ? Pourquoi, lorsque la protagoniste principale est une femme, toujours vouloir la sexualiser à outrance, même quand cela n’a rien à voir avec ce qui est écrit dans le roman ? Pourquoi désinformer ainsi les lecteurs et les lectrices, voire les tromper ? Pourquoi les maisons d’éditions croient-elles toujours qu’il faut promettre du sexe à tout-va pour vendre une œuvre de SF ? Dans la majorité des cas, l’œuvre se suffit amplement à elle-même, pas la peine d’en rajouter.

Les couvertures américaines sont tout de même un peu moins tordues


 
       Mon avis

       La Fille sans ombre n’est peut-être pas le livre le plus profond que vous lirez, il est peu probable que le récit soulève en vous des questionnements qui vous empêchent de dormir la nuit. Le roman n’est pas classé en catégorie “Jeune Adulte”, mais il y aurait tout à fait sa place. Le récit reste cependant de très bonne facture, il vous fera voyager, aborder des mondes différents, croiser toute sorte de personnages hauts en couleur.
       Moi qui, la dernière fois, cherchais un roman pour me dépayser et qui suis tombée sur un os, j’ai été plutôt agréablement surprise par ces aventures rafraîchissantes de la jeune Kayla. Et les fans de science-fiction s’amuseront des petits clins d’œil que l’autrice fait, par-ci, par-là, à des œuvres bien connues de tous et de toutes. La Fille sans ombre est un roman sans prétention, qui vous fait passer un moment très plaisant à voyager à travers la galaxie. Ça tombe bien, on ne lui en demandait pas plus.
       À noter que ce roman est le premier d'une série, War Minstrels, qui comporte trois tomes en tout. C’est le seul volume à avoir été traduit en français. Vous pouvez cependant le lire de façon tout à fait indépendante. Le roman a un début, une fin, et si vous voulez vous arrêtez là, ça ne pose aucun souci.

Une image de Blende12 sur Pixabay


 
       Court extrait

       Elle était maintenant immergée dans le paysage factice du cyberespace et surveillait la sphère tourbillonnante de bifurcation qui signalait les frontières des divers systèmes stellaires. Là-bas, très loin, à mi-chemin de l’horizon qui sans cesse reculait, un mandala blanc argent représentait le système de Cavinas avec ses deux soleils semblables à des yeux vairons qui la lorgnaient ; l’un jaune, l’autre vert au centre de la formation qui pivotait sur elle-même.
       Un triple saut. Jamais elle n’avait effectué cette manœuvre-là.

Karen Haber, avec autorisation de l'autrice. Crédit photo : Ellen Datlow


       La notice de l’autrice

       Karen Haber est née aux Etats-Unis en 1955. C'est une autrice, anthologiste, éditrice réputée dans le domaine de la science-fiction.
       Elle a écrit et coécrit une dizaine de romans, une vingtaine de nouvelles, elle a publié des essais et de nombreuses anthologies. Malgré son peu de visibilité en France, Karen Haber est une personnalité très importante du monde de la science-fiction. Ne passez pas à côté de ses livres.
 
       Bonne lecture !

Publié dans Science-fiction

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