Opération Atlantis, par Andre Norton

Publié le par tauceti

 

       Opération Atlantis (Operation Time Search en anglais) est un roman de 250 pages écrit par Andre Norton. Bien que le livre date de 1967, il a fallu attendre 1980 pour qu’un éditeur français le publie. C’est Albin Michel qui s’est attelé à la tâche, en nous en proposant une traduction de Bernard Weiner, agrémentée d'une illustration d'Alain Héry.

       L’histoire 


       Alors qu’il va prendre une simple photo, Ray Osborne se trouve transporté à des siècles de son époque. Là, il se trouve livré à des barbares, il est impliqué dans les terribles batailles qui opposent Muriens et le peuple d’Altantis, et il se découvre des pouvoirs extraordinaires, rien moins que ça. Quant à savoir si notre personnage parvient à rejoindre son siècle, rien n’est moins sûr. Mais je vous laisse lire le roman pour le découvrir par vous-même.

D'après une image de Daniel Maforte sur Pexels

       Mon avis


       Opération Atlantis, c’est ce qu’on pourrait appeler de la “SF péplum”. L’ histoire se déroule censément à l’Antiquité avec, évidemment, des gentils qui gagnent, et des méchants qui perdent. Mais c’est sympathique à lire, avec parfois de très gros coups de théâtre qui attisent l’intérêt des lecteurs et des lectrices. C’est un livre sans prétention, un peu dans la même veine que les romans de Julia Verlanger en France.
       Opération Atlantis est agréable à lire, mais c’est surtout pour moi l’occasion de vous parler de cette très grande autrice. Car en France, c'est bien connu, on aime les femmes, mais pas quand elles font aussi bien, voire mieux que les hommes ! C’est ainsi que sur plus de trois cents titres publiés aux États-Unis par Andre Norton, seuls treize romans et trois nouvelles ont été transposés en français. Et pourtant, ils n’ont pas à pâlir devant ces autres romans de l’âge d’or de la SF qui, eux, ont été traduits par centaines. La différence est qu’ils étaient écrits par des hommes, pour des hommes. C’est malheureusement à cause de ces préjugés sexistes qu’on a perdu un certain nombre de signatures féminines fort intéressantes qui, loin de prendre la place des hommes, auraient ajouté de la diversité, augmenté l’offre disponible, et surtout ouvert d’autres perspectives dans le vaste monde de l’imaginaire.

 

     
      La notice de l’autrice


       Andre Norton, de son vrai nom Alice Mary Norton, est née en 1912 aux Etats-Unis. Elle s’y est éteinte en 2005, à l'âge de 93 ans.
       Jeune adulte, elle suit des cours d'histoire avant de devenir bibliothécaire pendant une vingtaine d'années, à Cleveland. Elle publie son premier roman à vingt ans, en 1932. Le milieu de l'édition étant à cette époque quasi exclusivement masculin, Alice Mary Norton décide de changer son nom en Andre Alice Norton, ou plus communément Andre Norton dès 1934. Elle ne prend pas simplement un nom de plume, elle entreprend des démarches administratives pour changer officiellement le nom figurant sur son état civil.
       En 1958, Andre Norton décide de se consacrer à la littérature à temps complet. Elle écrit des nouvelles, et des romans par centaines. Elle explore plusieurs genres, mais c’est en science-fiction et en fantasy qu’elle excelle.
       En 1983, le prix Damon-Knight Memorial Grand Master couronne l’ensemble de son œuvre foisonnante, et depuis 2005, un prix portant son nom (le Andre Norton Award) est décerné chaque année par l'organisation des Auteurs américains de Science-Fiction et de Fantasy. Il récompense une œuvre de langue anglaise pour jeunes adultes pour son caractère novateur. Des écrivain·es illustres dans le domaine des littératures de l'imaginaire ont ainsi été récompensé·es par le prix Andre-Norton, notamment J. K. Rowling ou Terry Pratchett, pour ne citer que les plus célèbres.

 

© andre-norton-books.com

       

       Andre Norton a non seulement œuvré à la diffusion de la SF et de la fantasy auprès du public, jeune et moins jeune, elle a aussi aidé les talents à éclore et à se développer. En 1999, elle ouvre en effet, sur ses fonds personnels, un centre de recherches. La High Hallack Library, ainsi qu'on l'appelle, a en effet pour mission d’accueillir les écrivain·es ou les étudiant·es spécialisé·es dans toutes les littératures dites populaires (SF, fantasy, horreur, gothique, western etc.) La bibliothèque contient plus de dix mille titres sur toute sorte de supports, dont certains ouvrages très rares. L'accueil à ce centre de recherches était entièrement gratuit, y compris l'hébergement. La seule restriction concernait… les nombreux chats peuplant le domaine, les personnes allergiques étant priées de trouver à se loger ailleurs !
       La High Hallack Library comprenait également un petit musée présentant des œuvres d’art, des illustrations originales et toute sorte d’articles en relation avec les littératures populaires. Malheureusement, cet endroit exigeait sans cesse de gros efforts financiers. La santé d’André Norton périclitant, le centre dut être fermé en 2004, juste avant le décès de l’écrivaine.

On était bien reçu, à la High Hallack Library, la preuve par le balai ! Image © andre-norton-books.com


       L’influence d’Andre Norton n’en demeure pas moins immense, aujourd’hui encore. De nombreuses personnalités du monde des littératures de l’imaginaire la citent en exemple, comme Greg Bear, Lois McMaster Bujold bien sûr, C. J. Cherryh, Joan D. Vinge, etc. La “Grande Dame de la Science-fiction et de la fantasy” (The Grande Dame of Science Fiction and Fantasy), comme on l’appelait à l’époque, a écrit pendant plus de soixante-dix ans et a eu un rôle capital dans le développement des littératures populaires. Lire un livre d’Andre Norton, ce n’est pas seulement vivre une aventure sympathique, c’est s’ouvrir à tout un concept de partage, de promotion et de développement des littératures de l’imaginaire. Ne l’oublions pas !

       Bonne lecture !

Publié dans Science-fiction

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